Transmission & patrimoine · Paris 17e

Quel est le meilleur moyen de transmettre son patrimoine ?

Relevé de recherche du 17 septembre 2026Sélecteur d’arbitrage, sans produit à vendreÉchange confidentiel

Il n’existe pas de meilleur moyen de transmettre son patrimoine dans l’absolu. Ce qui existe, c’est un outil adapté à un cas — et surtout des outils qu’il faut écarter. Trois éléments décident : ce que vous transmettez, à qui, et si vous devez en garder l’usage. Votre donation de son vivant n’aura pas la même forme selon ces trois réponses.

Cette question se tranche avec une vue d’ensemble de la transmission du patrimoine à Paris ; pour choisir sa donation, notre guide compare les formes une à une, à commencer par la donation de son vivant.

60 %de la valeur seulement, pour une nue-propriété donnée à 61 ans — article 669 du CGI
15 anset l’abattement se reconstitue en entier — article 784 du CGI
6 outilspossibles, dont la plupart sont à écarter dans un cas donné
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Le constat

Pourquoi cette question n’a pas de réponse générale

Une liste de solutions ne dit pas laquelle retenir, parce qu’elle ne connaît pas votre situation.

Deux questions décident presque tout : la nature de votre patrimoine et la composition de votre famille.

Or l’arbitrage n’est pas une affaire d’opinion. Chaque outil suppose des conditions précises, écrites dans le code civil et le code général des impôts. Quand elles ne sont pas réunies, l’outil ne convient pas — ce n’est pas une préférence, c’est une règle.

Ce sont ces conditions que la figure ci-dessous rend visibles, et que le sélecteur applique ensuite à votre cas.

Ce que chaque outil suppose, avant même de parler d’argent

ConditionDonation en pleine propriétéVous acceptez de vous déposséder immédiatement et définitivement.
ConditionRéserve d’usufruitLe bien doit pouvoir être démembré : un immeuble, des parts, un portefeuille.
ConditionDonation-partageAu moins deux bénéficiaires. Avec un enfant unique, elle passe par la forme transgénérationnelle, qui allotit aussi ses enfants (art. 1078-5 du Code civil).
ConditionAssurance-vieDes capitaux. Un immeuble ne se loge pas dans un contrat.
ConditionSCI familialePlusieurs biens. Pour un seul, la société coûte plus qu’elle ne rapporte.
ToujoursTestamentAucune condition — mais aucun effet avant le décès, et aucun abattement mobilisé de votre vivant.

Conditions tirées du code civil (articles 894, 931, 1075 et suivants) et du code général des impôts. Relevé du 17 septembre 2026.

L’arbitrage

Ce qui convient à votre cas — et ce qui n’y convient pas

Les pages qui répondent à cette question alignent sept ou huit solutions sans jamais en écarter une seule. Nous faisons l’inverse : trois questions, et chaque outil vous dit s’il est adapté, ou pourquoi il ne l’est pas.

ÉcartéDonation en pleine propriétéVous souhaitez conserver l’usage ou les revenus : la pleine propriété vous en priverait dès la signature.
RetenuDonation avec réserve d’usufruitVous gardez l’usage ou les revenus, et les droits ne portent que sur la nue-propriété.
RetenuDonation-partageElle répartit et fige les valeurs entre les bénéficiaires.
ÉcartéAssurance-vieUn bien immobilier ou des parts sociales ne se logent pas dans un contrat d’assurance-vie.
ÉcartéSCI familialeCréer une société pour un seul bien ajoute une comptabilité et des obligations sans contrepartie.
RetenuTestamentToujours possible, et seul outil révocable — mais il ne prend effet qu’au décès et ne mobilise aucun abattement de votre vivant.

Ce sélecteur applique des règles de droit, pas une préférence commerciale : le notaire est officier public et n’a aucun produit à placer. Il ne remplace pas l’examen de votre situation — régime matrimonial, donations déjà consenties, composition exacte du patrimoine — qui peut inverser une conclusion. Abattements en vigueur au 17 septembre 2026.

Faire examiner votre situation

La mécanique

Les six outils, et la question qui les départage

Une transmission organisée se lit toujours de la même façon : un donateur, un bien, un bénéficiaire. C’est la nature du bien au milieu qui commande l’outil, bien plus que le montant.

Une somme d’argent appelle le don familial, la donation simple ou l’assurance-vie. Un bien immobilier unique appelle la donation, en pleine propriété ou démembrée. Plusieurs biens appellent une société. Une entreprise appelle le pacte Dutreil, qui exonère 75 % de la valeur des titres sous engagement de conservation.

La seconde question, celle que presque personne ne pose en premier, est celle-ci : avez-vous besoin de continuer à habiter le bien, ou d’en percevoir les loyers ? Une réponse positive écarte d’un coup la pleine propriété et impose le démembrement.

Si le patrimoine est composé de plusieurs lots, la mécanique change encore : transmettre son patrimoine immobilier de son vivant ne se fait pas bien par cessions successives, mais par parts.

La lecture d’une transmission, quel que soit l’outil

Le donateurSon âge fixe la valeur de l’usufruit. Son patrimoine fixe le reste.
→
Le bienArgent, immeuble, parts, entreprise : c’est lui qui commande l’outil.
→
Le bénéficiaireLe lien de parenté fixe l’abattement et le taux des droits.

Articles 779, 790 B, 790 G et 669 du code général des impôts ; pacte Dutreil, article 787 B.

Le temps

Le calendrier est le seul levier qui se périme

De tous les paramètres d’une transmission, un seul ne se rattrape pas : le temps. Les barèmes ne se négocient pas, les abattements sont fixés par la loi, les émoluments sont réglementés. La date de la première donation, elle, vous appartient encore.

L’abattement se reconstitue intégralement tous les quinze ans, à condition que le donateur soit vivant — article 784 du code général des impôts. Chaque fenêtre manquée est définitivement perdue : elle ne se rattrape ni au décès, ni par un acte plus important.

C’est ce qui rend l’âge décisif, bien plus que le montant du patrimoine. Un donateur de 55 ans peut encore en ouvrir trois — à 55, 70 et 85 ans. Le même patrimoine, chez un donateur de 75 ans, n’en ouvre plus qu’une. Rien ne rattrape les deux perdues.

Le don familial de sommes d’argent obéit d’ailleurs à la même logique de calendrier, avec une borne supplémentaire : 31 865 € tous les quinze ans, mais seulement tant que le donateur a moins de 80 ans — article 790 G.

Les fenêtres qui restent, à 55 ans

55 ansfenêtre ouverte
70 ansfenêtre ouverte
85 ansfenêtre ouverte
100 anshors horizon

À 55 ans, il reste 3 fenêtres avant 85 ans. Chacune rouvre l’abattement en entier : c’est le seul levier qui se périme.

Article 784 du code général des impôts. L’horizon de 85 ans est un repère de lecture, pas une règle.

L’outil décisif

Le démembrement, pour transmettre sans se déposséder

C’est l’outil le plus mal compris et le plus utile. Le principe : la propriété se coupe en deux. La nue-propriété part aux enfants, l’usufruit — le droit d’habiter le bien ou d’en percevoir les loyers — reste au donateur jusqu’à son décès.

Les droits ne portent alors que sur la nue-propriété. Sa valeur est fixée par un barème légal qui dépend du seul âge de l’usufruitier : à 61 ans, la nue-propriété représente 60 % de la valeur du bien — article 669 I du code général des impôts.

L’effet le plus important vient après : au décès de l’usufruitier, l’usufruit s’éteint et les enfants deviennent pleins propriétaires sans aucun droit supplémentaire. Ce n’est pas une seconde transmission, c’est l’extinction d’un droit.

Le revers est réel et se dit : l’acte est irrévocable. Vendre le bien ensuite suppose l’accord du nu-propriétaire et de l’usufruitier. C’est précisément ce qui s’anticipe en rédigeant l’acte, pas après.

Ce sur quoi les droits sont calculés, à 61 ans

60 %nue-propriété
donnée aux enfants
40 %usufruit
conservé

À 61 ans, les droits ne portent que sur la part rouge. L’usufruit s’éteint au décès : les enfants deviennent pleins propriétaires sans droits supplémentaires.

Barème de l’article 669 I du code général des impôts. La valeur de l’usufruit décroît par tranches de dix ans.

Le cas particulier

L’assurance-vie échappe à la succession civile, pas à l’impôt

C’est l’outil le plus souvent mis en avant. La réalité mérite d’être dite sans enthousiasme particulier : les capitaux sont transmis hors succession civile, directement au bénéficiaire désigné, mais ils portent leur propre fiscalité.

Elle dépend de l’âge du souscripteur au jour de chaque versement, pas à la souscription. Un même contrat peut donc relever des deux régimes. Le détail figure sur la page consacrée à l’assurance-vie et succession.

Ce que l’outil ne fait pas, en revanche : il ne met pas un immeuble à l’abri, il ne remplace pas une donation-partage entre enfants, et il ne dispense pas de respecter la réserve héréditaire lorsque les primes sont manifestement excessives.

Sa vraie force est ailleurs, et elle est considérable : c’est le seul outil qui permet de gratifier une personne que la loi ne désigne pas — un partenaire de Pacs, un ami, un filleul — sans passer par la quotité disponible.

Un même capital, selon le lien avec le bénéficiaire

Enfant — abattement de 100 000 €art. 779 I
100 000 € en franchise
Frère ou sœur — abattement de 15 932 €art. 779 IV
taxé dès 15 932 €
Neveu ou nièce — abattement de 7 967 €art. 779 V
55 % au-delà
Sans lien de parenté — aucun abattement60 %
taxé dès le premier euro
part en franchise de droitspart taxée

Abattements et taux du code général des impôts, articles 779 et suivants. Les proportions de la figure illustrent l’écart entre les liens de parenté ; elles ne représentent pas un montant donné.

L’impartialité

Pourquoi le conseil du notaire est impartial

Sur la transmission, beaucoup d’interlocuteurs vous conseillent : banques, assureurs, conseils en gestion de patrimoine. Ce n’est pas un reproche — ils font leur métier, et chacun a un produit à placer. Quand un conseil conclut à l’assurance-vie, il est légitime de regarder qui la propose.

Le notaire se trouve dans une situation différente, et c’est sa seule vraie particularité ici : il est officier public, tenu à un devoir de conseil impartial, et il n’est pas apporteur d’affaires. Il ne gagne rien à ce que vous choisissiez un outil plutôt qu’un autre — les émoluments sont réglementés par le décret n° 2016-230 et identiques dans toutes les études de France.

C’est ce qui l’autorise à écarter des outils. Et c’est aussi pourquoi la seule réponse honnête à « quel est le meilleur moyen » reste une question en retour : que voulez-vous transmettre, à qui, et devez-vous en garder l’usage ?

Qui vous conseille, et avec quel intérêt

Un produitBanques et assureursLe contrat d’assurance-vie.
Un produitConseils en gestion de patrimoineLe mandat de gestion.
Aucun produitLe notaireOfficier public, tenu à un devoir de conseil impartial ; émoluments fixés par le décret n° 2016-230.

Statut du notaire : ordonnance n° 45-2590 du 2 novembre 1945 ; tarif : décret n° 2016-230.

La méthode

Par où commencer, concrètement

L’ordre compte, et il est presque toujours le même. On ne choisit pas un outil en premier : on établit d’abord ce qu’il y a à transmettre et ce que le droit impose.

Le régime matrimonial se vérifie avant tout le reste : il détermine ce qui vous appartient réellement et ce que vous pouvez donner seul. Vient ensuite l’inventaire du patrimoine, puis le calcul de la réserve héréditaire et de la quotité disponible, qui bornent ce que vous pouvez attribuer librement.

Les donations déjà consenties se rassemblent à ce moment-là — elles s’imputent sur l’abattement pendant quinze ans et changent le calcul. C’est seulement après que le choix de l’outil se pose, et il se pose alors presque tout seul.

Reste le chiffrage. Les frais de transmission de patrimoine diffèrent fortement selon que le patrimoine est donné de votre vivant ou laissé à la succession : c’est le dernier paramètre, et il se calcule, il ne s’estime pas.

Si le patrimoine comprend un bien que vous souhaitez organiser autrement, un testament authentique ou olographe complète l’ensemble sans s’y substituer : il ne prend effet qu’au décès, mais il reste révocable jusqu’au bout.

L’ordre d’examen d’un dossier de transmission

1
Le régime matrimonialCe qui vous appartient vraiment, et ce que vous pouvez donner seul.
2
L’inventaireBiens, contrats, parts, dettes. Rien ne s’arbitre sur une approximation.
3
La réserveCe qui revient de droit aux enfants, et la part dont vous disposez librement.
4
L’outilIl découle des trois premières étapes. Il ne se choisit pas avant.

Réserve héréditaire : articles 912 et suivants du code civil. Cet ordre est celui suivi en rendez-vous.

Vos questions

Questions fréquentes

Quel est le plus avantageux fiscalement, la succession ou la donation ?

La donation, dans la très grande majorité des cas, et pour une raison de calendrier plutôt que de barème : les barèmes sont les mêmes. Ce qui diffère, c’est le nombre de fois où l’abattement peut servir.

Une succession n’ouvre l’abattement qu’une fois. Une donation l’ouvre tous les quinze ans, du vivant du donateur. Commencer à 55 ans permet deux fenêtres avant 85 ans ; commencer à 75 ans n’en laisse qu’une.

Comment puis-je transmettre mon patrimoine de mon vivant ?

Par une donation, reçue par notaire à peine de nullité — article 931 du code civil — sauf le cas particulier du don manuel d’une somme d’argent, qui doit être déclaré à l’administration fiscale.

La forme se choisit ensuite selon ce que vous transmettez et à qui : pleine propriété, réserve d’usufruit, donation-partage. C’est précisément ce que le sélecteur ci-dessus départage.

Quels sont les 3 types de donation ?

Le don manuel, remise de la main à la main d’une somme ou d’un objet, sans acte mais avec déclaration fiscale. La donation simple, reçue par acte notarié, qui transmet un bien déterminé à une personne déterminée. La donation-partage, qui répartit entre plusieurs bénéficiaires et fige la valeur des biens au jour de l’acte.

Cette dernière est la seule qui met le partage à l’abri des revalorisations ultérieures — c’est ce qui évite le plus de contentieux entre héritiers.

Comment donner de l’argent sans payer de frais de donation ?

En restant sous l’abattement qui correspond au lien de parenté : 100 000 € par parent et par enfant, article 779 I du code général des impôts. Il se reconstitue intégralement tous les quinze ans.

S’y ajoute, pour une somme d’argent, le don familial de 31 865 € prévu à l’article 790 G, à deux conditions : le donateur a moins de 80 ans et le bénéficiaire est majeur. Les deux se cumulent.

Est-il possible de transmettre 100 000 euros sans payer de droits de donation ?

Oui, à un enfant, et par parent. Un couple transmet donc 200 000 € à un même enfant sans droits, et 400 000 € à deux enfants — quatre abattements.

La condition qu’on oublie : aucune donation au même bénéficiaire dans les quinze années précédentes. Les donations antérieures se rapportent et s’imputent sur l’abattement. L’étude en garde trace, mais tenez-en la liste de votre côté.

Est-il nécessaire d’aller chez le notaire pour une donation ?

Oui pour un bien immobilier, sans exception : l’acte notarié est obligatoire, et la publicité foncière avec. Oui également pour une donation-partage et pour toute donation avec réserve d’usufruit.

Non pour un don manuel d’une somme d’argent, qui peut se déclarer seul. Mais il reste rapportable à la succession : non déclaré, il refait surface au décès, souvent au pire moment.

Me Camille Grellet, notaire à Paris 17e
À propos

Me Camille Grellet

Fondatrice · Althéa Notaires, Paris 17e

Fondatrice de l’étude Althéa Notaires à Paris 17e, Me Grellet et son équipe accompagnent particuliers et dirigeants à chaque étape de leur vie patrimoniale. Officier public, le notaire confère aux actes leur caractère authentique et vous conseille en toute impartialité, dans le respect du secret professionnel.

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