Un patrimoine immobilier ne se transmet pas comme une maison. Plusieurs lots, c’est plusieurs valeurs, plusieurs acquéreurs potentiels et un risque d’indivision que la donation directe ne règle pas. La mécanique qui fonctionne tient en trois mots : des parts, des tranches, un démembrement. Sur 900 000 € à 60 ans avec deux parents et deux enfants, 89 % du patrimoine passe sans droits en transmission directe — et 100 % si l’on ne donne que la nue-propriété. Tout part d’une donation de son vivant engagée assez tôt pour ouvrir plusieurs fenêtres.Abattements et barèmes : service-public.gouv.fr, fiches F1404 et F14203 ; barème de l’usufruit, article 669 I du code général des impôts. Relevés le 17 septembre 2026.
Pour un patrimoine immobilier, la transmission du patrimoine se construit fenêtre par fenêtre ; le guide pour faire une donation décrit les étapes de chaque acte.
Cochez les pièces déjà réunies, puis laissez vos coordonnées : l’étude vous recontacte au créneau de votre choix.
Liste indicative : l’étude adresse la liste exacte au vu du dossier. Vos coches restent sur cet écran : rien n’est enregistré ni transmis.
C’est la distinction que les pages trouvées sur cette question ne font jamais. Elles répondent toutes pour une maison : la donner, la démembrer, en calculer les frais. Or celui qui possède une résidence, un appartement loué et des parts de société n’a pas le même problème.
Son problème est la division. Un bien unique se donne en une fois. Plusieurs biens de valeurs différentes se répartissent mal : attribuer l’appartement à l’un et la maison à l’autre crée un déséquilibre, et les partager tous entre tous crée une indivision.
Son second problème est le seuil. Un patrimoine immobilier constitué dépasse presque toujours l’abattement disponible sur une seule fenêtre. Il faut donc fractionner, ce qui suppose des fractions transmissibles — et un immeuble se fractionne mal.
Ces deux problèmes ont la même réponse : transmettre des parts plutôt que des murs. C’est tout l’objet de la société civile, et c’est ce qui le distingue du cas plus simple d’une maison unique.
Deux situations que tout oppose
Pour un seul bien, donner une maison de son vivant se règle en un acte : c’est le premier cas. Celle-ci traite le second.
Un patrimoine ne se transmet pas en une fois : il se découpe. Le calcul ci-dessous croise les trois seuls paramètres qui commandent — l’âge, le nombre d’abattements disponibles, et le démembrement.
Le démembrement ne touche pas à l’abattement : il réduit l’assiette. Donner la nue-propriété à 61 ans revient à faire passer 100 € de patrimoine pour 60 € de base taxable — article 669 I du code général des impôts. Hypothèses : aucune donation antérieure, répartition égale entre les enfants, émoluments comptés acte par acte au barème « autres donations ». Les taxes de publicité foncière et les débours ne sont pas compris. Barèmes relevés le 17 septembre 2026 ; seul l’examen du dossier permet d’arrêter un montant.
On raisonne presque toujours sur la fiscalité, et c’est rarement ce qui pose problème vingt ans plus tard. Ce qui bloque, c’est l’indivision : plusieurs personnes propriétaires ensemble du même bien, sans part matérialisée.
La règle de l’article 815 du code civil est nette : « nul ne peut être contraint à demeurer dans l’indivision ». Un seul indivisaire peut en demander le partage, et le juge peut ordonner la vente du bien pour y parvenir.
Les actes de disposition — vendre, hypothéquer — exigent par ailleurs l’unanimité. Il suffit d’un désaccord, d’un divorce ou d’un décès pour que l’ensemble se bloque. C’est le scénario que l’on voit revenir en étude, et il ne se règle jamais bien après coup.
La société civile fait disparaître le problème, non pas en le contournant, mais en changeant l’objet transmis : les enfants ne sont plus copropriétaires d’un immeuble, ils sont associés d’une société qui, elle, en est propriétaire. Les décisions se prennent selon les statuts, pas à l’unanimité.
Le même patrimoine, deux structures
Articles 815 et suivants du code civil pour l’indivision, 1832 et suivants pour la société civile.
Le mécanisme est simple à énoncer. Les parents apportent les biens à une société civile qu’ils constituent, ou l’achètent par son intermédiaire. Ils en détiennent les parts. Puis ils donnent ces parts, progressivement.
Trois propriétés des parts font toute la différence. Elles sont divisibles : on donne 12 % du patrimoine, ce qu’un immeuble ne permet pas. Elles sont démembrables comme n’importe quel bien. Et leur valeur peut intégrer une décote tenant à leur faible liquidité, que l’administration admet lorsqu’elle est justifiée.
Les parents conservent par ailleurs la gérance, quel que soit le nombre de parts déjà données. C’est le point que les familles comprennent le plus tard : on peut avoir transmis la quasi-totalité de la valeur tout en continuant à décider seul. Les statuts, rédigés au départ, fixent cet équilibre.
La rédaction de ces statuts n’est pas une formalité : elle détermine la majorité requise pour vendre, les conditions d’agrément d’un nouvel associé et le sort des parts au décès. Votre notaire SCI à Paris 17e les écrit en fonction de ce que la famille veut pouvoir faire dans vingt ans, pas seulement aujourd’hui.
La mécanique, dans l’ordre
Articles 1832 et suivants du code civil. La décote de liquidité s’apprécie au cas par cas et doit pouvoir être justifiée.
C’est ici que les deux outils se combinent, et l’effet est le plus fort de tout le dossier. Les parts se démembrent comme un immeuble : les parents donnent la nue-propriété des parts et conservent l’usufruit, donc les revenus locatifs.
La valeur de la nue-propriété suit le barème de l’article 669 I du code général des impôts. À 60 ans, elle représente 50 % de la valeur des parts. Donner 900 000 € de patrimoine revient donc à déclarer une base taxable de 450 000 €.
L’effet se lit dans le calculateur ci-dessus. Sur ce même patrimoine, la transmission en pleine propriété laisse 100 000 € de base taxable et 12 777 € de droits ; la même opération en nue-propriété passe intégralement en franchise.
Au décès de l’usufruitier, l’usufruit s’éteint et les enfants deviennent pleins propriétaires des parts sans droit supplémentaire. Ce n’est pas une seconde transmission : c’est l’extinction d’un droit.
Ce sur quoi les droits portent, à 60 ans
À 60 ans, les droits ne portent que sur la part rouge. L’usufruit s’éteint au décès : les enfants deviennent pleins propriétaires sans droits supplémentaires.
Barème de l’article 669 I du code général des impôts. La valeur de l’usufruit décroît par tranches de dix ans.
Une société civile mal préparée coûte plus qu’elle ne rapporte. Trois points se tranchent avant la constitution, et pas après.
Le régime matrimonial, d’abord : il détermine qui possède réellement les biens et qui peut donc les apporter. Un bien commun apporté par un seul époux crée un désordre durable.
La plus-value latente, ensuite. Apporter un bien à une société est une cession : elle peut déclencher l’imposition de la plus-value immobilière. Sur un bien détenu depuis longtemps, ce coût d’entrée peut annuler l’avantage de la transmission. Il se calcule avant, pas après.
Le financement, enfin. Une société qui détient un bien encore grevé d’un emprunt suppose l’accord de la banque, et la valeur des parts s’en trouve réduite d’autant — ce qui, incidemment, allège la base taxable.
Le chiffrage complet de l’opération relève d’un autre calcul : les frais de transmission de patrimoine comparent ce que coûte l’ensemble donné de son vivant et laissé à la succession. Et si l’arbitrage entre les outils n’est pas encore fait, il se pose avant tout le reste : meilleur moyen de transmettre son patrimoine.
Ce qui se vérifie avant de constituer
Plus-value immobilière : articles 150 U et suivants du code général des impôts. Chaque point se vérifie sur pièces.
Une page honnête doit dire où l’outil s’arrête, surtout quand il est présenté partout comme une solution universelle.
Elle ne dispense pas de l’impôt. Les droits de donation restent dus sur la valeur des parts transmises, avec les mêmes abattements et le même barème. La société change l’objet et le rythme de la transmission, pas la fiscalité qui s’y applique.
Elle ne protège pas de la réserve héréditaire. Les parts données s’imputent sur la quotité disponible comme n’importe quel bien, et un enfant lésé peut agir en réduction.
Elle coûte à faire vivre : comptabilité, assemblées annuelles, déclarations. Pour un seul bien, ce coût dépasse presque toujours l’avantage — c’est la raison pour laquelle le calculateur de cette page suppose un patrimoine, pas une maison.
Elle ne se défait pas facilement. Dissoudre une société civile qui détient de l’immobilier peut déclencher des droits de partage et une imposition de plus-value. C’est un engagement de long terme, à décider comme tel. Le détail du coût d’entrée figure sur la page qui chiffre combien coûte une donation chez le notaire.
Ce que la société civile change, et ce qu’elle ne change pas
Réserve héréditaire : articles 912 et suivants du code civil. Droits de donation : articles 777 et suivants du CGI.
En le transmettant de son vivant, et en restant sous l’abattement : 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les quinze ans — articles 779 I et 784 du code général des impôts.
Sur un patrimoine qui dépasse ce montant, deux leviers se cumulent : le démembrement, qui ne fait porter les droits que sur la nue-propriété, et l’étalement en plusieurs actes espacés. Les frais ne disparaissent jamais totalement : les émoluments et les taxes restent dus.
Oui, c’est une donation. Elle doit être reçue par acte notarié, à peine de nullité — article 931 du code civil — et publiée au service de publicité foncière.
« Gratuitement » désigne l’absence de prix, pas l’absence de frais : l’opération supporte les émoluments, la taxe de publicité foncière de 0,60 %, la contribution de sécurité immobilière de 0,10 %, et les droits si la valeur dépasse l’abattement.
Trois postes. Les émoluments, réglementés et dégressifs : 5,804 % TTC jusqu’à 6 500 €, puis 2,394 %, 1,596 % et 1,1976 % au-delà de 60 000 €. Les droits, nuls sous l’abattement. Les taxes, 0,70 % de la valeur.
Sur une donation de 100 000 € à un enfant : 1 794 € d’émoluments, aucun droit, 700 € de taxes — 2 494 € au total.
Cela dépend d’abord du nombre de biens. Pour un bien unique, une donation, en pleine propriété ou démembrée, suffit. Pour un portefeuille — résidence, locatif, parts — la société civile change la mécanique : on transmet des parts, divisibles, au lieu de fractions d’immeubles.
Le second critère est l’âge, parce qu’il fixe le nombre de fenêtres restantes et la valeur de la nue-propriété.
Pour un bien immobilier : 1 794 € d’émoluments TTC, plus 700 € de taxe de publicité foncière et de contribution de sécurité immobilière. Aucun droit si le bénéficiaire est un enfant sans donation antérieure.
Pour une somme d’argent, le barème est plus léger : 862 € d’émoluments, sans taxe de publicité foncière.
Par une suite d’actes, pas par un seul. L’ordre qui fonctionne : établir ce que le régime matrimonial vous laisse donner, choisir entre la donation directe des biens et l’apport à une société civile, puis étaler les transmissions sur les fenêtres de quinze ans disponibles.
Le démembrement se décide au même moment : il vous laisse les revenus locatifs et réduit l’assiette taxable dans la même opération.

Fondatrice de l’étude Althéa Notaires à Paris 17e, Me Grellet et son équipe accompagnent particuliers et dirigeants à chaque étape de leur vie patrimoniale. Officier public, le notaire confère aux actes leur caractère authentique et vous conseille en toute impartialité, dans le respect du secret professionnel.
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