La donation de son vivant est l’acte par lequel une personne transmet immédiatement et irrévocablement la propriété d’un bien à quelqu’un qui l’accepte. Elle se distingue de la succession sur un point qui commande tout le reste : elle se prépare, donc elle se choisit — le donateur décide de ce qu’il transmet, à qui, et quand.Article 894 du code civil. Sauf exception du don manuel, l’acte est reçu par notaire à peine de nullité — article 931 du code civil.
Chaque donation se prépare avec un notaire conseil transmission Paris ; le guide pour faire une donation en déroule les étapes, de l’inventaire à la signature.
Cochez les pièces déjà réunies, puis laissez vos coordonnées : l’étude vous recontacte au créneau de votre choix.
Liste indicative : l’étude adresse la liste exacte au vu du dossier. Vos coches restent sur cet écran : rien n’est enregistré ni transmis.
Une donation n’est pas un testament que l’on signerait plus tôt. C’est un dessaisissement immédiat : le bien sort de votre patrimoine le jour de l’acte, et il n’y revient pas. Le droit français résume cela par une formule ancienne et sans appel — donner et retenir ne vaut. Une donation de son vivant consentie aujourd’hui ne se reprend pas demain parce que la situation a changé.
C’est ce qui distingue la donation de la transmission anticipée entendue au sens large, qui recouvre aussi le testament, le changement de régime matrimonial ou la clause bénéficiaire — autant d’outils qui, eux, restent révocables jusqu’au bout.
Cette irrévocabilité a une contrepartie que rien d’autre n’offre : elle fige les choses. Les héritiers savent, du vivant du donateur et avec son accord, ce qui revient à qui. C’est la première raison pour laquelle une transmission préparée produit moins de contentieux qu’une succession subie — bien avant l’argument fiscal.
La deuxième raison est arithmétique, et c’est l’objet de tout ce qui suit.
Reste une condition que l’on oublie souvent : la donation est un contrat, pas une décision unilatérale. Elle suppose un donateur sain d’esprit et capable, et surtout l’acceptation expresse du bénéficiaire. Tant que celui-ci n’a pas accepté, dans l’acte ou par acte séparé, la donation n’existe pas. C’est aussi pour cela qu’elle se prépare à deux, et qu’un refus — rare, mais possible — se découvre avant la signature plutôt qu’après.
Chaque abattement s’apprécie par donateur et par bénéficiaire. Deux parents qui donnent au même enfant cumulent donc deux fois 100 000 €. Ces montants ne se négocient pas : ils sont fixés par le code général des impôts et valent dans toutes les études de France.
| Bénéficiaire | Abattement | Référence |
|---|---|---|
| Enfant | 100 000 € | CGI, art. 779 I |
| Personne handicapée | 159 325 € | CGI, art. 779 II |
| Époux ou partenaire de Pacs | 80 724 € | CGI, art. 790 E et F |
| Petit-enfant | 31 865 € | CGI, art. 790 B |
| Don familial de somme d’argent | 31 865 € | CGI, art. 790 G |
| Frère ou sœur | 15 932 € | CGI, art. 779 IV |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | CGI, art. 779 V |
| Arrière-petit-enfant | 5 310 € | CGI, art. 790 D |
L’abattement « personne handicapée » se cumule avec celui qui découle du lien de parenté. Le don familial de somme d’argent obéit à deux conditions : le donateur a moins de 80 ans et le bénéficiaire est majeur. Barème en vigueur au 10 septembre 2026.
Deux questions décident de tout : ce que vous donnez — il existe deux barèmes d’émoluments distincts — et à qui — il existe quatre barèmes de droits. C’est en les mélangeant que la plupart des estimations trouvées en ligne se trompent.
Total, hors débours
44 484 €
Tables appliquées : émoluments « autres donations », et droits « ligne directe ». Base taxable : 200 000 €.
Estimation indicative, hors cas particuliers. Le montant définitif est établi par l’étude.
Sources : service-public.gouv.fr, fiches F1404 (émoluments, décret n° 2016-230) et F14203 (droits et abattements), relevées le 11/09/2026.
Estimation fondée sur les barèmes publiés par service-public.gouv.fr, relevés le 11 septembre 2026 (fiches F1404 et F14203). Elle ne tient compte ni des débours — extraits d’actes, cadastre, géomètre —, ni des donations antérieures, qui s’imputent sur l’abattement pendant quinze ans, ni d’un démembrement, qui réduit l’assiette à la seule nue-propriété. Les émoluments sont réglementés : ils sont les mêmes dans toutes les études de France.
L’abattement se reconstitue tous les quinze ans, mais uniquement du vivant du donateur. C’est la seule mécanique de la transmission qui se périme : chaque année qui passe sans acte peut coûter une fenêtre entière.
Ce qu’est une fenêtre, et d’où vient ce nombre. Une fenêtre est une période de quinze ans au terme de laquelle l’abattement se reconstitue en entier — article 784 du code général des impôts. Le calcul en ouvre une aujourd’hui, puis une tous les quinze ans jusqu’à 85 ans. Ces 85 ans ne sont pas une espérance de vie et ne sortent d’aucune statistique : c’est un horizon de lecture, retenu pour ne pas faire reposer un conseil patrimonial sur une prédiction de décès. Au-delà, on donne toujours. Le calcul retient l’abattement de 100 000 € par parent et par enfant, et rien d’autre : ni la composition du patrimoine, ni la réserve héréditaire, ni le régime matrimonial, ni les donations déjà consenties, qui s’imputent sur ces montants pendant quinze ans. Il donne un ordre de grandeur, pas une stratégie.
La fiscalité de la donation ne connaît pas d’âge limite, mais elle connaît trois bornes qui changent le résultat, et qui ne se rattrapent pas.
Quinze ans avant. C’est le délai de rechargement de l’abattement. Une donation consentie à 55 ans rouvre une fenêtre pleine à 70 ans ; la même donation consentie à 68 ans ne rouvre rien avant 83. Cette borne-là est mobile : elle dépend uniquement de la date du premier acte.
Quatre-vingts ans. C’est la limite du don familial de somme d’argent de 31 865 €, prévu par l’article 790 G du code général des impôts. Le jour des 80 ans du donateur, cet abattement disparaît définitivement — il ne se cumule plus avec les 100 000 € de l’abattement en ligne directe.
Chaque décennie. Le barème de l’usufruit progresse par tranches de dix ans. Passer de 60 à 61 ans fait mécaniquement monter la valeur de la nue-propriété de 50 à 60 %, donc l’assiette taxable avec elle. Sur un bien de 300 000 €, la différence est de 30 000 € d’assiette pour un anniversaire.
Ces trois bornes expliquent pourquoi la question n’est jamais « faut-il donner » mais « qu’est-ce qui est encore possible aujourd’hui ». C’est aussi ce qui relie la donation à l’optimisation fiscale du patrimoine au sens propre : l’avantage découle de la structure retenue et du moment, jamais d’un montage.
Vous pouvez donner un bien tout en continuant d’y habiter ou d’en percevoir les loyers : c’est le démembrement. Les droits ne portent alors que sur la nue-propriété, dont la valeur dépend de votre âge au jour de l’acte. Plus la donation est précoce, plus l’assiette taxable est faible.
Sur un bien valant 300 000 €, la donation porterait sur 180 000 € — le reste, l’usufruit, demeure entre vos mains jusqu’à votre décès, où il s’éteint sans droits supplémentaires.
Barème fixé par l’article 669 I du code général des impôts. La valeur retenue est celle de l’âge atteint au jour de l’acte : passer une borne d’âge change l’assiette de dix points d’un coup.
| Âge de l’usufruitier | Usufruit | Nue-propriété |
|---|---|---|
| Moins de 21 ans | 90 % | 10 % |
| De 21 à 30 ans | 80 % | 20 % |
| De 31 à 40 ans | 70 % | 30 % |
| De 41 à 50 ans | 60 % | 40 % |
| De 51 à 60 ans | 50 % | 50 % |
| De 61 à 70 ans | 40 % | 60 % |
| De 71 à 80 ans | 30 % | 70 % |
| De 81 à 90 ans | 20 % | 80 % |
| Plus de 91 ans | 10 % | 90 % |
On parle souvent de « trois types de donation ». Il y en a cinq qui comptent en pratique, et ce qui les sépare n’est pas la fiscalité — c’est ce qu’elles font de la valeur du bien entre le jour de l’acte et le jour du décès. La cinquième, la donation-partage transgénérationnelle, est la moins connue : elle permet d’allotir directement les petits-enfants, avec l’accord de leur parent. Dépliez celle qui correspond à votre cas.
Remise de la main à la main d’une somme d’argent ou d’un bien meuble.
L’acte notarié classique, pour un bien précis et un bénéficiaire précis.
Donner et répartir en un seul acte, entre tous les héritiers présomptifs.
Des grands-parents donnent directement à leurs petits-enfants, avec l’accord de la génération intermédiaire.
Donner la nue-propriété, conserver l’usage et les revenus.
Pour une résidence, la donation d’une maison avec réserve d’usufruit se chiffre selon votre âge et le nombre d’enfants.
Une donation qui ne tient pas coûte plus cher que celle qu’on n’a pas faite. Trois vérifications précèdent toujours la rédaction, et aucune ne se devine.
La réserve héréditaire. Vos enfants ont droit à une fraction de votre patrimoine dont vous ne pouvez pas les priver : la moitié avec un enfant, deux tiers avec deux, trois quarts au-delà. Seule la quotité disponible peut aller librement à qui vous voulez. Une donation qui l’excède sera réduite au décès, à la demande des héritiers lésés.
Le rapport à la succession. Une donation simple s’impute par défaut sur la part du bénéficiaire, et sa valeur est réévaluée au jour du décès. Un appartement donné 200 000 € et valant 400 000 € vingt ans plus tard se rapporte pour 400 000 €. C’est le mécanisme qui crée le plus de conflits entre frères et sœurs, et c’est précisément celui que la donation-partage neutralise.
Le régime matrimonial. Il détermine ce que vous pouvez donner seul et ce qui exige la signature de votre conjoint. Un bien commun donné sans cet accord expose l’acte à la nullité — c’est aussi ce qui relie la donation à la question de protéger ses proches, qui se pose en même temps et se règle dans le même rendez-vous.
S’y ajoute une limite de fond : un acte dont l’objet serait exclusivement fiscal s’expose à l’abus de droit, au sens de l’article L64 du livre des procédures fiscales. L’avantage doit découler de la structure choisie, il n’en est jamais le point de départ.
La question est mal posée quand on la ramène à la fiscalité. Donner de son vivant coûte moins cher en droits, c’est entendu — mais cela suppose de se dépouiller sans retour possible. Le tableau ci-dessous met en regard ce que chaque voie engage.
| Donation de son vivant | Succession | |
|---|---|---|
| Qui décide | Le donateur, de son vivant | La loi, et le défunt seulement s’il a fait un testament |
| Quand | Au moment choisi, en plusieurs fois | Une seule fois, au décès |
| L’abattement | Se reconstitue tous les 15 ans | Ne joue qu’une fois |
| La valeur retenue | Celle du jour de l’acte, si donation-partage | Celle du jour du décès |
| Revenir en arrière | Impossible — « donner et retenir ne vaut » | Un testament se révoque à tout moment |
| Ce qu’il reste à vivre | Le donateur se dépouille immédiatement | Le patrimoine reste disponible jusqu’au bout |
L’irrévocabilité est le point que les comparatifs fiscaux passent sous silence, et c’est celui sur lequel le devoir de conseil du notaire porte le plus. Une donation consentie trop tôt, ou trop large, se paie en autonomie perdue.
La signature ne clôt pas le dossier. Une donation immobilière est publiée au service de la publicité foncière, sans quoi elle n’est pas opposable aux tiers. Un don manuel se déclare à l’administration fiscale, faute de quoi il refait surface au décès et se rapporte à la succession — souvent au pire moment.
Les donations consenties se conservent : elles s’imputent sur l’abattement pendant quinze ans et devront être rappelées à chaque nouvel acte, puis lors du règlement d’une succession. L’étude en garde trace, mais le donateur a intérêt à en tenir la liste de son côté.
Enfin, une donation ne dispense pas d’un testament authentique ou olographe. Les deux ne servent pas à la même chose : la donation transmet maintenant et définitivement, le testament organise ce qui restera et se révoque à volonté. La plupart des dossiers appellent les deux.
Enfin, une donation n’efface pas ce qui vit en dehors de la succession. Les capitaux d’assurance-vie et succession obéissent à une logique contractuelle distincte, et la clause bénéficiaire se relit à chaque étape importante de la transmission : une clause rédigée il y a vingt ans dit rarement encore ce que son souscripteur voudrait aujourd’hui.
Trois postes se cumulent, et un seul revient à l’étude. Les droits de mutation à titre gratuit vont au Trésor public et se calculent après abattement. Les émoluments du notaire sont fixés par le décret n° 2016-230 : ils sont identiques dans toutes les études de France. Les débours couvrent les frais réellement avancés pour votre compte, publicité foncière en tête.
Le total dépend de la nature du bien, de sa valeur et du lien de parenté.
En mobilisant l’abattement de 100 000 € par parent et par enfant, et en le renouvelant tous les quinze ans. Un couple avec deux enfants qui engage la transmission à 58 ans dispose encore de deux fenêtres, soit 800 000 € transmissibles sans droits.
S’y ajoute le don familial de somme d’argent de 31 865 €, soumis à deux conditions : le donateur a moins de 80 ans et le bénéficiaire est majeur — article 790 G du CGI.
Cela dépend d’une chose : ce dont vous aurez besoin ensuite. La donation est irrévocable. Elle allège la fiscalité et prévient les conflits, mais elle vous dépouille sans retour possible.
La donation avec réserve d’usufruit offre un intermédiaire : vous transmettez la nue-propriété et conservez l’usage du bien et ses revenus jusqu’à votre décès.
La pratique en distingue cinq. Le don manuel, remise directe d’une somme ou d’un meuble, sans acte notarié mais à déclarer. La donation simple, par acte notarié, dont la valeur est réévaluée au décès. La donation-partage, qui donne et répartit en un acte et fige la valeur des biens. La donation avec réserve d’usufruit, qui ne transmet que la nue-propriété.
La cinquième est la moins connue : la donation-partage transgénérationnelle, par laquelle des grands-parents donnent directement à leurs petits-enfants avec l’accord de la génération intermédiaire. Elle fait sauter une génération, donc une taxation : le bien n’est imposé qu’une fois au lieu de deux — articles 1078-4 et suivants du code civil.
Oui, sauf pour le don manuel. L’article 931 du code civil dispose que les actes portant donation entre vifs sont passés devant notaires et qu’il en reste minute, sous peine de nullité. Une donation rédigée entre particuliers n’a donc aucune existence juridique.
Pour un bien immobilier, il n’y a aucune exception : l’acte notarié et la publicité foncière sont exigés.
La donation, sur le seul plan des droits : l’abattement s’y reconstitue tous les quinze ans quand il ne joue qu’une fois dans une succession. Mais la comparaison s’arrête là.
La succession laisse le patrimoine disponible jusqu’au bout ; la donation le retire définitivement. C’est un arbitrage entre fiscalité et autonomie, pas un calcul.

Fondatrice de l’étude Althéa Notaires à Paris 17e, Me Grellet et son équipe accompagnent particuliers et dirigeants à chaque étape de leur vie patrimoniale. Officier public, le notaire confère aux actes leur caractère authentique et vous conseille en toute impartialité, dans le respect du secret professionnel.
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