Donner une maison de son vivant, c’est en transmettre la propriété par un acte notarié irrévocable, en pleine propriété ou en gardant l’usufruit pour continuer d’y vivre. Votre notaire conseil transmission chiffre cette donation d’une maison à partir de deux variables : votre âge et le nombre de bénéficiaires. Deux parents de 66 et 64 ans qui donnent la nue-propriété d’une maison de 400 000 € à leurs deux enfants ne paient aucun droit : 7 067 € de frais d’acte au total. Un parent seul de 72 ans qui veut donner sa maison à ses enfants — ici, un enfant unique — paie 34 194 € de droits. C’est le cas concret de la donation de son vivant, et elle se calcule avant de se signer.Barèmes : service-public.gouv.fr, fiches F1404 et F14203, relevées le 23 septembre 2026 ; valeur de la nue-propriété : article 669 I du code général des impôts.
Donner sa maison relève d’un conseil en transmission de patrimoine, et faire une donation chez le notaire suit toujours les mêmes étapes, détaillées dans notre guide.
Cochez les pièces déjà réunies, puis laissez vos coordonnées : l’étude vous recontacte au créneau de votre choix.
Liste indicative : l’étude adresse la liste exacte au vu du dossier. Vos coches restent sur cet écran : rien n’est enregistré ni transmis.
Le résumé automatique de Google s’arrête sur deux questions : à qui vous donnez, et à quel âge. Ce sont les deux entrées qui décident du montant. Le calcul ci-dessous les prend, et sépare ce qui revient au Trésor, ce qui revient à l’étude et ce que chacun supporte.
Ce qui vous reste : l’usufruit. Vous continuez d’habiter la maison ou de la louer, et vous en payez la taxe foncière et l’entretien. À votre décès, l’usufruit s’éteint et le bénéficiaire devient plein propriétaire sans droits supplémentaires. Avec 2 bénéficiaires, l’acte peut prendre la forme d’une donation-partage, qui fige la valeur au jour de l’acte si chacun reçoit un lot et l’accepte (code civil, art. 1078).
Barèmes relevés sur service-public.gouv.fr le 23 septembre 2026 : fiche F1404 pour les émoluments, calculés sur la valeur en pleine propriété ; fiche F14203 pour les droits. Valeur de la nue-propriété : article 669 I du code général des impôts, selon l’âge au jour de l’acte. Deux parents : chacun donne la moitié d’un bien commun, avec son propre abattement. Non compris : les débours, les donations de moins de quinze ans, qui s’imputent sur l’abattement (article 784), et la valeur d’un droit d’usage et d’habitation. Seul l’examen du dossier permet d’arrêter un montant.
Une maison peut se donner sous trois formes. Elles se distinguent moins par leur coût que par ce que vous gardez après la signature, et c’est par là qu’il faut commencer.
En pleine propriété, vous transmettez tout : le bénéficiaire peut habiter, louer ou vendre la maison dès l’acte. Vous n’en conservez rien, sauf ce que l’acte réserve expressément.
Avec réserve d’usufruit, vous donnez la nue-propriété et gardez l’usage et les revenus. L’article 949 du code civil permet au donateur de se réserver « la jouissance ou l’usufruit des biens meubles ou immeubles donnés ». Les droits ne portent alors que sur la valeur de la nue-propriété, fixée par votre âge.
Le droit d’usage et d’habitation est une réserve plus étroite. Il permet d’habiter la maison « avec sa famille » (article 632), mais il « ne peut être ni cédé ni loué » (article 634). Il convient à qui veut rester chez soi sans percevoir de loyers. Le barème de l’article 669 ne le vise pas : sa valeur se chiffre au dossier.
Dans les trois cas, l’acte est reçu par notaire « sous peine de nullité » (article 931), puis publié au service de publicité foncière.
Ce que vous gardez, selon la forme choisie
Code civil, articles 931, 949, 632 et 634, vérifiés sur Légifrance le 23 septembre 2026.
L’addition comporte trois postes, et un seul revient à l’étude. Les émoluments sont fixés par décret (décret n° 2016-230), identiques dans toutes les études ; service-public précise qu’ils sont « proportionnels à la valeur en pleine propriété des biens donnés ». Donner la nue-propriété ne les réduit donc pas.
La taxe de publicité foncière (0,60 %) et la contribution de sécurité immobilière (0,10 %) sont perçues par l’État. Quand vous gardez l’usufruit, elles portent sur la valeur de la nue-propriété : l’article 669 I vise « les droits d’enregistrement et la taxe de publicité foncière ».
Les droits de donation font le total. Ils se calculent par couple donateur-bénéficiaire, après abattement : 100 000 € pour un enfant, 31 865 € pour un petit-enfant, rien pour une personne sans lien de parenté, taxée à 60 %. Sur une maison de 300 000 € donnée en pleine propriété par un parent seul, ils vont de 38 194 € pour un enfant à 180 000 € pour un tiers.
Chaque bénéficiaire doit les droits de sa part (service-public, fiche F14203). Le détail des barèmes, tranche par tranche, figure sur la page qui répond à la question combien coûte une donation chez le notaire.
Une maison de 300 000 €, donnée en pleine propriété par un parent seul
Calcul du simulateur ci-dessus : barèmes service-public F1404 et F14203, relevés le 23 septembre 2026. Émoluments identiques dans les trois cas : 4 189 € TTC.
On lit souvent qu’« après 70 ans, les avantages fiscaux sont réduits », sans préciser lesquels.
Pour une maison, 70 ans n’a aucun effet sur les droits : abattements, barème et délai de quinze ans sont les mêmes à tout âge. La réduction liée aux 70 ans, celle de l’article 790 du CGI, ne vise que les parts de société et les entreprises individuelles. Les 70 ans souvent cités viennent de l’assurance-vie.
Ce qui change avec l’âge, c’est la valeur de la nue-propriété si vous gardez l’usufruit. Le barème de l’article 669 I avance par tranches de dix ans, et la marche tombe à 71 ans révolus : jusqu’à 70 ans, la nue-propriété vaut 60 % ; à 71 ans, 70 %.
Pour un parent seul qui donne une maison de 400 000 € à un enfant unique, les droits passent de 26 194 € à 70 ans à 34 194 € à 71 ans. En pleine propriété, ils restent à 58 194 € à tout âge. L’effet des « 70 ans » existe donc, décalé d’un an, et seulement avec réserve d’usufruit.
Droits sur une maison de 400 000 €, parent seul, un enfant, usufruit réservé
Barème de l’article 669 I du CGI (« moins de 71 ans révolus » : usufruit 40 %) et barème en ligne directe de l’article 777, après abattement de 100 000 €. Article 790 : réduction de 50 % réservée aux donations des articles 787 B et 787 C. Vérifiés le 23 septembre 2026.
À un seul enfant, la donation est simple, et rapportable à la succession. L’article 843 du code civil oblige l’héritier à « rapporter à ses cohéritiers tout ce qu’il a reçu », sauf don fait « expressément hors part successorale ». Le rapport se fait sur « la valeur du bien donné à l’époque du partage » (article 860) : une plus-value de la maison se retrouve entre les héritiers.
À plusieurs enfants, la donation-partage (article 1075) évite cet écart. Les biens sont « évalués au jour de la donation-partage », à condition que chaque héritier réservataire ait « reçu un lot » et l’ait « expressément accepté » (article 1078). Une maison unique pose alors une question pratique : elle revient à l’un, qui verse une soulte aux autres, ou d’autres biens complètent.
La donner à tous ensemble reste possible, mais en indivision : « nul ne peut être contraint à demeurer dans l’indivision » (article 815). Un seul enfant peut demander le partage, donc la vente.
Deux cas sortent du cadre de cette page. Si la maison doit aller aux petits-enfants avec l’accord de leurs parents, c’est la donation-partage transgénérationnelle. Si vous possédez plusieurs biens ou une société civile, il s’agit de transmettre son patrimoine immobilier de son vivant, par parts et par tranches.
Une maison, selon le nombre de bénéficiaires
Code civil, articles 815, 843, 860, 1075 et 1078, vérifiés sur Légifrance le 23 septembre 2026.
C’est la question que l’on oublie le plus souvent — elle relève des articles 605 et 606 du code civil — et celle qui crée les désaccords dix ans plus tard. Quand vous gardez l’usufruit, la maison a deux titulaires, et la loi répartit les charges entre eux.
L’usufruitier — vous — habite ou loue. Il supporte « toutes les charges annuelles » (article 608) et « n’est tenu qu’aux réparations d’entretien » (article 605). La taxe foncière est établie à son nom (CGI, article 1400).
Le nu-propriétaire — votre enfant — supporte les grosses réparations : « celles des gros murs et des voûtes, le rétablissement des poutres et des couvertures entières » (article 606). Une toiture à refaire lui revient, sauf si elle résulte d’un défaut d’entretien depuis l’ouverture de l’usufruit.
Cette répartition peut être aménagée dans l’acte. C’est le moment de décider qui financera le ravalement ou la toiture, plutôt que de le découvrir le jour où les travaux s’imposent.
Qui fait quoi, une fois la nue-propriété donnée
Code civil, articles 605, 606 et 608 ; CGI, article 1400. Vérifiés sur Légifrance le 23 septembre 2026.
Une maison donnée peut être vendue, mais pas par n’importe qui. Si vous avez gardé l’usufruit, la vente exige votre accord et celui du nu-propriétaire. Le prix se répartit alors « selon la valeur respective de chacun de ces droits », sauf accord pour reporter l’usufruit sur le prix (article 621 du code civil).
Pour le bénéficiaire, la valeur déclarée dans l’acte devient son prix d’acquisition : « en cas d’acquisition à titre gratuit, le prix d’acquisition s’entend de la valeur retenue pour la détermination des droits de mutation à titre gratuit » (CGI, article 150 VB). Les frais afférents à la donation s’y ajoutent.
D’où une règle simple : sous-évaluer la maison pour payer moins de droits reporte l’impôt sur la revente. La valeur retenue doit d’ailleurs être la « valeur vénale réelle à la date de la transmission » (CGI, article 761).
Le calcul complet, abattements pour durée de détention compris, relève de la plus-value immobilière : il se fait sur le prix de vente, diminué de la valeur déclarée à l’acte de donation.
La valeur déclarée à l’acte vous suit jusqu’à la revente
Code général des impôts, articles 150 VB (version du 21 février 2026) et 761 ; code civil, article 621. Vérifiés le 23 septembre 2026.
La donation ne peut être révoquée que « pour cause d’inexécution des conditions […], pour cause d’ingratitude, et pour cause de survenance d’enfants » (article 953). Toute protection que vous voulez garder doit donc être écrite dans l’acte, le jour de la signature.
Le droit de retour conventionnel fait revenir la maison si le bénéficiaire décède avant vous, seul ou avec ses descendants selon ce que prévoit l’acte. Il ne peut être stipulé « qu’au profit du donateur seul » (article 951).
L’interdiction d’aliéner empêche la vente sans votre accord. Elle n’est valable que si elle est « temporaire et justifiée par un intérêt sérieux et légitime » (article 900-1) — typiquement, pendant la durée de votre usufruit.
La réserve d’usufruit peut profiter à votre conjoint : l’article 949 permet au donateur de se réserver l’usufruit ou d’en disposer « au profit d’un autre ». Au premier décès, le survivant continue d’habiter la maison. Ces clauses se combinent, et elles se décident avant l’acte, pas après.
Quatre protections, toutes à écrire dans l’acte
Code civil, articles 900-1, 949, 951 et 953, vérifiés sur Légifrance le 23 septembre 2026.
Par une donation, reçue par un notaire. L’article 931 du code civil l’impose « sous peine de nullité » : une cession sans prix rédigée entre particuliers n’a aucune existence juridique. L’acte est ensuite publié au service de publicité foncière.
« À titre gratuit » désigne l’absence de prix, pas l’absence de frais : émoluments fixés par décret, taxe de publicité foncière et contribution de sécurité immobilière (0,70 % au total), et droits au-delà de l’abattement.
Il n’y a pas de prix : il y a trois postes. Les émoluments du notaire sont fixés par décret (décret n° 2016-230) et calculés sur la valeur en pleine propriété : 5 387 € TTC pour une maison de 400 000 €. Les taxes représentent 0,70 % de la valeur taxable. Les droits ne portent que sur ce qui dépasse l’abattement.
Exemple : deux parents de 66 et 64 ans donnent la nue-propriété de cette maison à leurs deux enfants. Droits : 0 €. Total, hors débours : 7 067 €.
Sur le plan fiscal, l’abattement de 100 000 € par parent et par enfant se reconstitue tous les quinze ans (CGI, art. 784) : donner tôt permet de l’utiliser plusieurs fois. Mais la donation est irrévocable, sauf inexécution des conditions, ingratitude ou survenance d’enfants (code civil, art. 953).
Pour une maison, la réserve d’usufruit est le compromis habituel : vous transmettez les murs et vous continuez d’y vivre.
Oui, en pleine propriété ou en nue-propriété. À un seul enfant, c’est une donation simple, rapportable à la succession sauf clause « hors part successorale » (code civil, art. 843).
À plusieurs enfants, la donation-partage (art. 1075) répartit les biens et fige leur valeur au jour de l’acte, à condition que chaque enfant reçoive un lot et l’accepte (art. 1078). Une maison unique suppose alors une soulte ou d’autres biens pour équilibrer les lots.
Les émoluments sont identiques dans toutes les études : barème « autres donations », de 5,804 % TTC sur les 6 500 premiers euros à 1,1976 % TTC au-delà de 60 000 €. Pour une maison de 200 000 € : 2 992 €. Pour 400 000 € : 5 387 €.
La taxe de publicité foncière et la contribution de sécurité immobilière, 0,70 % au total, sont perçues par l’État : elles ne sont pas des frais du notaire.
En la donnant de son vivant dans la limite des abattements : 100 000 € par parent et par enfant (CGI, art. 779 I), renouvelables tous les quinze ans. Si vous gardez l’usufruit, il s’éteint à votre décès sans nouveaux droits.
La donation elle-même n’est jamais sans frais : émoluments et taxes restent dus, et les droits aussi au-delà de l’abattement.

Fondatrice de l’étude Althéa Notaires à Paris 17e, Me Grellet et son équipe accompagnent particuliers et dirigeants à chaque étape de leur vie patrimoniale. Officier public, le notaire confère aux actes leur caractère authentique et vous conseille en toute impartialité, dans le respect du secret professionnel.
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